16 juillet 2007
Finlande : l’organisation de la formation professionnelle continue
Une note de Marine Tondelier écrite en Décembre 2006
Suite aux modifications survenues ces vingt dernières années sur le marché de l'emploi, notamment en terme d’augmentation du niveau de qualification requis, l’enseignement des adultes est devenu une composante importante de la politique finlandaise d’éducation et de formation. L’objectif était notamment pour le gouvernement d’offrir un large éventail d’opportunités d’étudier à la population adulte finlandaise, réputée être très enthousiaste pour la formation en général.
Les Finlandais entreprennent en effet volontiers des études. C’est ainsi que chaque année, environ un million d’adultes participent, de leur propre initiative, à une action de formation, soit environ un adulte sur deux, pour un total d’environ dix millions d’heures d’enseignement dispensées à des adultes tous les ans. Même si ce chiffre est déjà très élevé lorsqu’on le compare à l’échelle internationale, l’objectif des autorités finlandaises est d’accroître encore la proportion d’adultes participants à des formations, pour arriver à un taux de 60% d’ici 2008.
10 juillet 2007
Politiques publiques des services d’orientation en Finlande
Une présentation passionnante de: Asta Kurhila, Jussi Onnismaa, Heli Piikkila, Pentti Sinisalo et Raimo Vuorinen au Deuxième symposium international sur les services d’orientation et les politiques publiques , Vancouver C.-B., Canada les 5 et 6 mars 2001.
Cette vue d’ensemble de la situation des services de consultation en Finlande n’aurait pu être obtenue sans la solide collaboration de professionnels et d’organismes très impliqués. Aussi, ce rapport a été compilé d’après les réponses fournies aux questions préliminaires posées en vue du Symposium par les personnes suivantes : Mme Anneli Tallqvist, du ministère du Travail, Mme Tarja Riihimaki, du ministère de l’Éducation, M. Juhani Pirttiniemi et M. Erkki Merimaa, du conseil national de l’éducation. Les personnes suivantes ont éga-lement collaboré à la préparation de ce rapport : Mme Hanna Boman et M. Mika Launikari, du Centre pour la mobilité internationale (Centre for International Mobility), Mme Liisa Tenhunen-Ruotsalainen, du Bureau d’information économique du groupe TAT (qui fait partie de la TT, la Confédération de l’industrie et des em-ployeurs finlandais), M. Reijo Paivarinta, de la SAK (organisation centrale des syndicats finlandais) et Mme Liisa Sointu, de l’Apaja Centre, à l’Université d’Helsinki, un modèle de services d’orientation et de recru-tement en milieu universitaire. Nous aimerions remercier ces personnes de leurs réponses. Les rédacteurs de ce rapport de la Finlande ont ajouté des exemples de collaboration en Finlande entre divers partenaires et ont entrepris de comparer les modèles de politiques publiques des services d’orientation adoptés en Finlande avec les prises de position de l’OCDE.
1. Modèles de politiques publiques concernant les services d’orientation en Finlande
En Finlande, les politiques nationales globales concernant les services d’orientation se décrivent comme un ensemble d’énoncés de politiques émanant de divers intervenants de l’administration centrale. Les principaux éléments sont fournis par le ministère de l’Éducation et le ministère du Travail. Dans les stratégies nationales actuelles en matière d’éducation, décrites ci-après, il y a de nombreux énoncés de politiques qui portent sur-tout sur une bonne orientation continue. Ainsi, la prestation du programme d’éducation à la carrière et des services d’orientation professionnelle au niveau secondaire et polyvalent sera évaluée cette année par le Conseil national de l’éducation et les services dispensés au niveau supérieur seront vérifiés par le Conseil finlandais d’évaluation de l’enseignement supérieur. De plus, le ministère du Travail est à redéfinir l’évaluation de ses services d’orientation. Dans les chapitres suivants, les énoncés de politiques de ces deux grands secteurs seront exposés.
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03 mai 2007
La formation pour les adultes en Suède
Une note de Marine Tondelier et Alain Lefebvre
La Suède est souvent citée en exemple quand à sa politique de formation continue. En effet, on estime par exemple que 2 millions de salariés suédois, soit 50 %, suivent une formation chaque année.
Historique
La tradition de la formation professionnelle continue est ancienne en Suède. Dans la période préindustrielle, le système d’apprentissage servait traditionnellement à garantir la transmission des compétences pratiques de génération en génération. Au cours du XVIIIème siècle, La Suède s´est intéressée aux théories des mercantilistes qui insistaient sur les avantages sur la société et l’économie d´une amélioration systématique des compétences professionnelles. Ces théories ont suscité la création en Suède des premières écoles professionnelles, ou centres d’enseignement. Toutefois, ces écoles proposaient souvent des formations de courte durée.
Au début du XIXème siècle, des écoles techniques sont fondées à Stockholm et à Göteborg. Elles sont à l’origine tournées vers l’enseignement professionnel, mais évoluent ensuite vers un enseignement technique du niveau du second cycle de l’enseignement secondaire et, finalement, deviennent des universités techniques. Jusqu’au début du XXème siècle, l’enseignement professionnel dépend principalement d’initiatives privées. En dépit de ses efforts, la Suède dispose au début du siècle d’un système d’enseignement technique et commercial bien moins développé que la plupart des nations européennes.
L’Etat s’engage alors dans l’organisation de l’enseignement professionnel. De 1919 à 1921, plusieurs décisions parlementaires sont adoptées en matière d’enseignement professionnel, notamment la première réglementation sur les écoles professionnelles (Yrkesskolestagda), la gestion par les municipalités et par des institutions privées du soutien financier aux écoles professionnelles, la création des écoles atelier, ainsi qu’un institut de formation destiné aux formateurs des écoles professionnelles. L’enseignement professionnel est également placé sous la tutelle de la Direction centrale de l’Education (Skolöverstyrelsen).
Le principal objectif de la politique de formation professionnelle était alors de mettre en place un système d’enseignement professionnel général, destiné essentiellement aux personnes jeunes disposant ou non d’une formation au-delà de l’enseignement primaire. Mais en réalité, la formation professionnelle était également un moyen à cette époque de réduire le chômage des jeunes, sous la forme de cours spécifiques à l’intention des jeunes chômeurs. Toutefois, ces cours ne contenaient alors que peu d’éléments pratiques. Il s’agissait principalement de cours magistraux destinés à entretenir le moral des jeunes chômeurs, par exemple des cours d’instruction civique, d’hygiène et de sécurité sur le lieu de travail.
Les sommes allouées à l’enseignement professionnel augmentent significativement à partir de 1933, notamment parce que dans le contexte de la crise économique de 1929, les sociaux-démocrates ont remporté les élections parlementaires grâce à leurs promesses en matière de lutte contre le chômage. Les cours destinés aux chômeurs connaissent donc un essor important.
Après la deuxième guerre mondiale, le système éducatif suédois a connu une révision complète. En effet, le système existant était alors considéré comme inadéquat et obsolète, en particulier dans son incapacité à fonctionner comme « vecteur du changement ». En fournissant un enseignement plus important et de meilleure qualité, le gouvernement cherchait à améliorer l’égalité dans la participation aux affaires économiques, sociales, politiques et culturelles de la personne.
Au cours des années 50, l’enseignement a été de plus en plus considéré comme un vecteur de mutations économiques. On comprend que l’offre systématique de compétences, en particulier à destination des jeunes, va augmenter la productivité de la main d’œuvre, bénéficiant ainsi à la fois aux individus et à la société. Cela a notamment pour effet une augmentation substantielle des fonds accordés dans les années 1950 et 1960 à l’éducation en général, et à l’enseignement professionnel en particulier. Cette tradition a continué au cours des décennies suivantes, et jusqu`à ce jour, avec des adaptations permanentes aux besoins de l´évolution de l´économie.
Caractéristiques générales du système
Au niveau national, le gouvernement propose au Parlement les orientations de la politique nationale. Les grandes orientations politiques émanent, comme pour l’enseignement de base et la formation professionnelle initiale, du Ministère chargé de l’éducation, organe de tutelle des cours complémentaires et de perfectionnement professionnel, ou enseignement technique supérieur et du Ministère chargé de l´emploi, responsable de la formation professionnelle continue des demandeurs d’emploi ou des personnes en situation d’emploi précaire.
Un Conseil national de l’Education Populaire pour adultes (Folkbildningsratet) a été crée en 1991 et regroupe la Fédération nationale suédoise des associations d’éducation populaire des adultes (Folkbildningsför-bundet), l’organisation des écoles supérieures appartenant à des mouvements populaires (Rörelses-kolornas-interesseorganisation) ainsi que la Fédération suédoise des communes et des conseils généraux (Sveriges Kommuner och Landsting). Il met en œuvre les décisions du gouvernement et du Parlement relatives à l’allocation de subventions publiques aux activités organisées par les centres privés de formation pour adultes, les écoles populaires supérieures et les cercles d’étude. Il est aussi chargé de promouvoir l’équité et la qualité au sein de la formation populaire pour adultes concernant la citoyenneté, le développement culturel et la compréhension des sciences et des technologies. Il assure aussi le suivi et l’évaluation des activités des associations pour adultes, cercles d’études et écoles populaires supérieures.
Du fait de sa construction historique et de l´évolution de la société suédoise, le système de formation continue suédois est construit sur le principe de responsabilités partagées. Le niveau politique central définit les principes et vote les budgets, les services publics de l´emploi, au niveau déconcentré des comtés, est responsable de la formation des chômeurs et des personnes dans des emplois aidés, et sont cogérés avec les partenaires sociaux. Les communes sont responsables de la mise en place d´un enseignement de base pour les moins qualifiés. De même, la responsabilité de la formation des salariés incombe aux employeurs, mais cela se pratique en général dans le cadre d´accords collectifs, nationaux, de branche et d´entreprise. Les syndicats ont leurs propres écoles de formation professionnelles.
Pour rajouter à la complexité du système pour un observateur extérieur, ses acteurs travaillent de manière interactive et jouent des rôles différents et interchangeables selon les thèmes. Pour prendre un exemple, une organisation comme Folkuniversitet (association créée par toutes les université suédoises pour développer la formation continue) , qui a ses propres activités de formation continue sur ressources propres pour ses clients, peut les sous-traiter par exemple aux services communaux de formation (Komvux) ou à Lernia (organise qui organise des formations techniques), mais peut très bien aussi se voir confier par Komvux ou Lernia des activités qui leur sont propres. Les services de l´emploi font appel selon les cas à des consultants privés, à Folkuniversitet
Si l´on s´essayer à des typologies, on peut retenir les suivantes :
Folkuniversitet, l´Université populaire, les 148 écoles supérieures populaires (FolkHögskolor) et les consultants constituent les organismes privés du secteur qui assurent la formation professionnelle des adultes, tandis que le Komvux (enseignement communal) et Lernia sont des organismes publics qui assurent les mêmes prestations.
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26 mars 2007
Politiques publiques finlandaises en matière d’orientation des jeunes et des adultes
Cette note écrite par Asta Kurhila, Jussi Onnismaa, Heli Piikkila, Pentti Sinisalo et Raimo Vuorinen, a été présentée au deuxième symposium international sur les services d’orientation et les politiques publiques à
Vancouver (Canada) les 5 et 6 mars 2001. Elle reste d´actualité, et peut inspirer l´évolution des services de l´emploi de nombreux pays.
Cette vue d’ensemble de la situation des services de consultation en Finlande n’aurait pu être obtenue sans la solide collaboration de professionnels et d’organismes très impliqués. Aussi, ce rapport a été compilé d’après les réponses fournies aux questions préliminaires posées en vue du Symposium par les personnes suivantes : Mme Anneli Tallqvist, du ministère du Travail, Mme Tarja Riihimaki, du ministère de l’Éducation, M. Juhani Pirttiniemi et M. Erkki Merimaa, du conseil national de l’éducation. Les personnes suivantes ont éga-lement collaboré à la préparation de ce rapport : Mme Hanna Boman et M. Mika Launikari, du Centre pour la mobilité internationale (Centre for International Mobility), Mme Liisa Tenhunen-Ruotsalainen, du Bureau d’information économique du groupe TAT (qui fait partie de la TT, la Confédération de l’industrie et des em-ployeurs finlandais), M. Reijo Paivarinta, de la SAK (organisation centrale des syndicats finlandais) et Mme Liisa Sointu, de l’Apaja Centre, à l’Université d’Helsinki, un modèle de services d’orientation et de recru-tement en milieu universitaire. Nous aimerions remercier ces personnes de leurs réponses. Les rédacteurs de ce rapport de la Finlande ont ajouté des exemples de collaboration en Finlande entre divers partenaires et ont entrepris de comparer les modèles de politiques publiques des services d’orientation adoptés en Finlande avec les prises de position de l’OCDE.
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